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FORMATION PROFESSIONNELLE : un "Big Bang" pour transformer le système

16/03/2018

 

La formation doit devenir, dans la réalité vécue et perçue par chacun et non juste dans les textes, un droit individuel garanti collectivement. Transformer la formation professionnelle, c’est essentiel, parce que la compétence est la première protection contre le chômage, le levier pour que chacun puisse choisir librement sa vie professionnelle.

Avec la réforme de l’assurance chômage et celle de l’apprentissage, la transformation de la formation professionnelle sera un des piliers de la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel.

 

 Le contexte 

 

Aujourd’hui, la formation professionnelle n’est pas juste et elle aggrave l’inégalité des chances : les ouvriers ont deux fois moins de chance d’être formés que les cadres (34% contre 66% ont accès à la formation professionnelle chaque année), et les salariés de TPE ont deux fois moins de chance d’être formés que ceux des entreprises de plus de 250 salariés (35% contre 62%).

 

Elle n’est pas à la hauteur des enjeux du futur, alors que 50% des métiers seront profondément transformés dans les dix ans qui viennent, seul un salarié sur deux accède à la formation professionnelle en France, contre 6/10 au Danemark, et 7/10 en Suède.

 

Elle n’est pas adaptée aux aspirations des citoyens, car le système est trop complexe pour les salariés et les entreprises : il existe 90 000 organismes de formation en France, pour 14 milliards d’euros de chiffre d’affaire.

 

 Les objectifs 

 

L’ambition de la transformation professionnelle est de répondre à deux enjeux stratégiques pour notre pays et les Français :

  • Créer de la liberté individuelle, de la mobilité, en permettant à chacun de choisir, grâce à la formation, sa vie professionnelle.

  • Réussir la transformation des compétences pour anticiper et accompagner les mutations technologiques qui impactent le marché du travail.

La formation professionnelle mobilise de nombreux acteurs, ce qui est à la fois utile et nécessaire, mais les dispositifs doivent être au service des entreprises, des salariés et des demandeurs d’emploi, et non l’inverse. Donc une transformation en profondeur du système actuel est nécessaire pour faire en sorte que les droits créés deviennent concrets.

 

 

A l’échelle mondiale, une bataille de la compétence est engagée, plus notre système de formation professionnelle sera performant, plus il créera les conditions donnant à chacun la liberté individuelle de saisir toutes les opportunités de la mondialisation. 

 

 La réforme 

 

 Des droits beaucoup plus importants et plus accessibles pour les salariés 

  • Les droits à la formation seront exprimés en euros et non en heures, parce qu’ils sont plus concrets, plus lisibles et plus justes. Actuellement, l’heure de formation d’un cadre est plus chère que celle d’un ouvrier ou d’un employé, le fait de comptabiliser en heures, on attribue plus aux premiers et moins aux seconds.

  • Pour tous les salariés, 500€ par an, plafonnés à 5 000€, seront crédités sur le Compte Personnel de Formation (CPF), pour choisir sa formation en toute liberté. Les entreprises pourront dépasser le plafond en abondant le CPF de leurs salariés.

  • Pour les salariés non qualifiés, un droit majoré de 800€ par an, plafonnés à 8 000€ avec pour les entreprises la possibilité d’aller au-delà, pour qu’ils puissent changer de catégorie professionnelle.

  • Les salariés à temps partiel auront davantage de droits : les salariés à mi-temps ou plus bénéficieront des mêmes droits que les salariés à temps plein. Cette mesure bénéficiera en particulier aux femmes, qui représentent 80% des salariés à temps partiel.

  • Une application mobile CPF sera créée, pour que chacun ait la liberté de choisir sa vie professionnelle. Elle permettra à chacun de s’inscrire directement à la formation de son choix, sans avoir à passer par un intermédiaire. Elle fera toute la transparence sur les offres de formations (dates de session, taux d’insertion dans l’emploi, salaires prévisionnels à l’embauche, commentaires des usagers), pour que chacun puisse choisir en connaissance de cause.

  • Un meilleur accès à la formation pour les demandeurs d’emploi : avec le Plan Investissement dans les Compétences (PIC) doté de 15 Mds €), 1 million de demandeurs d’emplois peu qualifiés et 1 million de jeunes éloignés de l’emploi seront formés en cinq ans.

 Des règles beaucoup plus simples pour les TPE, et une mutualisation financière au   profit des TPE / PME 

  • Les TPE et PME bénéficieront d’une solidarité financière des grandes entreprises pour faciliter l’accès de leurs salariés à la formation.

  • Les entreprises ne paieront plus qu’une seule cotisation, la cotisation formation professionnelle, au lieu de deux aujourd’hui, et elle sera automatiquement collectée par les Urssaf, ce qui simplifiera les démarches administratives des entreprises. Au total, le taux de cotisation actuel ne sera pas augmenté.

 Une simplification rigoureuse du système de formation 

  • Les Organismes Paritaires Collecteurs Agréés (OPCA) seront transformés en Opérateurs de compétences, qui financeront notamment les CFA et le plan de formation des TPE / PME.

  • Une agence nationale, France Compétences, sera créée, notamment pour réguler la qualité des formations et leur coût.

 

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