Please reload

Posts Récents

SPORT - Question à Frédéric Sanaur, directeur général de l'Agence Nationale du Sport

03/06/2020

1/10
Please reload

Posts à l'affiche

COVID-19 : ce qu'il faut savoir sur la chloroquine

28/03/2020

Depuis une semaine, son nom est sur toute les lèvres, dans tous les journaux télévisés, sur tous les réseaux sociaux…

Cette chloroquine (hydroxychloroquine plus exactement), dont les effets sur le Covid-19 ont été vantées par le véhément et médiatique Pr Raoult, est devenue l’espoir de bons nombres de nos concitoyens qui voient en ce traitement le remède miracle tant attendu.

 

 Mais le confinement et la peur doivent-ils

nous faire perdre la tête ?

 

Savoir qui a tort ou qui a raison, peu importe. Qu’au final le traitement qui donne les meilleurs résultats soit celui-ci ou un autre, peu importe.

Mais parce que la médecine ce n'est pas de la prophétie et que pour soigner il faut se reposer sur de solides preuves scientifiques, sachons raison garder. Je comprends la peur, le désespoir et l’impuissance que peuvent ressentir certains d’entre nous. La peur et l’impatience sont mauvaises conseillères et parfois ce qui peut apparaître de prime abord comme le meilleur des remèdes s’avère être pire que le mal.

 

La science ne se base pas sur des sentiments, elle se base sur des faits ; c’est sa raison d’être. Ce n’est pas parce qu’on dit qu’un traitement est bon qu’il est bon. Un traitement est bon dès lors qu’on a réussi à démontrer qu’il était bon. Or, aucune publication scientifique en France ou dans le monde ne justifie aujourd’hui, aux yeux de la communauté scientifique dans son ensemble, de prescrire ce médicament.

 

La communauté scientifique est mobilisée, attendons la mise en place de protocoles solides et sûrs.

Le Gouvernement ne veut pas prendre de pari sur la santé des Français. La rigueur scientifique n’est pas un excès de prudence, elle est une exigence.

 

En effet, l’étude mise en avant par le Pr Raoult possède de nombreuses faiblesses méthodologiques

Des faiblesses, il y en a, et pas des moindres. Pour la critique scientifique, laissons faire les professionnels, donc je vous conseille de lire l’excellent article de France Culture sur le sujet .

Un laboratoire de Shangaï a par ailleurs procédé à une étude concernant l'effet de l'hydroxychloroquine sur le Covid-19. Là aussi il s’agit d’un très petit nombre de patients mais cette fois avec un tirage au sort des malades pour être inclus dans le groupe témoin ou le groupe traité à la chloroquine, ce qui consolide davantage l’étude.

 

Le résultat est clair : aucune différence significative n’a été trouvée entre les deux groupes. Une preuve s’il en est que des analyses plus poussées doivent être conduites et que la précipitation ne doit pas être de mise.

 

Tant que l’interrogation concernant son efficacité n’est pas levée, quels risques d’autoriser ce traitement aujourd’hui ?

 

Ce médicament est indiqué dans un certain nombre de maladies inflammatoires, parfois aigües ; hors de question de priver ces malades de leur traitement alors qu’on n’en a pas augmenté la production. On voit déjà des pénuries inquiétantes dans un certain nombre de pharmacies.

La chloroquine n’est pas une substance anodine et ses effets indésirables sont nombreux – notamment des troubles du rythme cardiaque - d'où la méfiance de certains médecins et scientifiques quant à sa délivrance massive à des patients atteints du Covid-19 avant la fin des essais à plus grande échelle. Par ailleurs, on ne connait pas assez les effets indésirables que pourrait entraîner le mélange hydroxychloroquine - azithromycine du traitement recommandé par l’IHU de Marseille.

 

Le Haut Conseil de Santé Publique a ainsi exclu toute prescription dans la population générale ou pour des formes non sévères à ce stade en l'absence de toute donnée probante.

Le ministre a pris un arrêté pour encadrer l'utilisation de la chloroquine, qui sera accessible aux équipes médicales hospitalières uniquement pour traiter des formes sévères, sur décision collégiale des médecins et sous surveillance médicale stricte. Cela ne signifie pas que le Gouvernement valide ce traitement ; cela signifie que pour des patients dans un état critique, on pourra utiliser ce traitement car au mieux il les soigne et au pire leur état est tel que les potentiels effets secondaires de la chloroquine ne changeront pas grand-chose.

 

Quelles conclusions tirer du traitement à la chloroquine ?

 

Il n’est pas question de dire que ça ne fonctionne pas. Il n’est pas question non plus de dire que cela fonctionne. C’est ce que le Gouvernement et de très nombreux médecins et scientifiques s’évertuent à dire depuis plusieurs jours.

A ce stade, et sans démonstration formelle, rigoureuse, dans des essais thérapeutiques bien menés, il n’est pas envisageable de valider et de généraliser ce traitement. Mais attention ! Cela ne veut pas dire qu’on ne le fera pas dans l’avenir, c’est bien pour cela que le ministre de la Santé a donné son feu vert le 17 mars pour qu'un essai plus vaste par d'autres équipes puisse être initié dans les plus brefs délais sur un plus grand nombre de patients.

Si ce traitement est effectif, nous aurons, certes, perdu un peu de temps pour sauver des vies. En revanche, s'il s'avère qu'il ne marche pas, voire qu'il aggrave la situation, nous en aurons sauvé. Traiter n'est pas toujours mieux que ne rien faire.

Parallèlement, d’importantes études cliniques sont en cours sur d’autres substances afin d’identifier le ou les traitements les plus efficaces et les rendre accessibles sans délai aux Français.

 

Jusqu’à ce que l’épidémie se calme et que l’on trouve un remède, le meilleur moyen de se protéger et de ne pas contaminer les autres, c’est toujours le même : respectez les gestes barrières.

 

#RESTEZCHEZVOUS

Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
Please reload

Retrouvez-nous
Please reload

Archives
  • Facebook Basic Square
  • Twitter Basic Square
  • Google+ Basic Square