COVID-19 : Le point sur les tests

Les tests de diagnostic du Covid-19 sont un outil essentiel pour suivre la propagation de la pandémie.


Quels sont les différents types de tests ?

  • Tests par PCR

  • Prélèvement : effectué dans le nez ou le pharynx à l’aide d’un écouvillon (sorte de gros coton-tige)

  • Technique : amplification en grand nombre d’une petite séquence d’ADN pour y détecter le code génétique du virus

  • Pour qui ? Ils sont réservés au personnel soignant ainsi qu’aux malades aux symptômes sévères.

  • Où ? dans les laboratoires habilités

  • Durée : Le résultat prend plusieurs heures

  • A noter : la PCR ne peut détecter le virus que lorsqu’il est présent, et n’est d’aucune utilité quand l’épidémie est résorbée.


  • Tests rapides

  • Prélèvement : même principe que pour les tests PCR, mais il s’agit de kits automatisés qui ne nécessitent pas une manipulation en laboratoire

  • Technique : recherche de la présence de fragments du virus dans le corps du patient malade

  • Pour qui ? plutôt adaptés aux patients à diagnostiquer d'urgence

  • Où ? dans les hôpitaux

  • Durée : quelques dizaines de minutes


  • Tests de sérologie

  • Prélèvement : prise de sang

  • Technique : détection des anticorps que le corps est en train de produire ou a produit contre le virus

  • Pour qui ? plutôt adaptés aux patients à diagnostiquer d'urgence

  • Où ? dans les hôpitaux

  • Durée : quelques dizaines de minutes

  • A noter : Cela fonctionne même si la personne testée n’a pas été « malade », c’est-à-dire lorsqu’elle n’a pas montré de symptômes mais a été malgré tout porteuse


Sont-ils toujours fiables ?

Le décès d’une adolescente française de 16 ans – rappelons qu’il s’agit d’une exception et que plus de 80% des décès concernent des personnes âgées de plus de 70 ans – a porté l’attention sur la fiabilité de ces tests. En effet, alors que les symptômes du virus étaient identifiés, les deux premiers tests pratiqués se sont révélés négatifs et c’est finalement au bout du troisième que l’on a eu un résultat positif.


Plusieurs hypothèses sont avancées aujourd’hui pour expliquer ce genre de failles :

  • La robustesse des tests eux-mêmes. Ces tests ne sont jamais fiables à 100% ; en moyenne les fabricants assurent une fiabilité autour des 80%.

  • De façon marginale, il peut y avoir des tests défectueux. En Espagne, des kits censés être fiables à 80 %, envoyés par une société chinoise, n’auraient détecté que 30 % des malades. Mais on s’en aperçoit rapidement par de simples contrôles.

  • L’hypothèse la plus répandue concerne le geste et la zone du prélèvement. Certains prélèvements sont ainsi effectués dans le bas du nez ou de la gorge, tandis que d’autres sont effectués plus en profondeur dans ces deux organes. Ce qui semblerait améliorer la fiabilité du diagnostic car le virus ne se trouve pas dans le nez tout au long des différentes phases de la maladie ; il migre dans les voies respiratoires supérieures, voire dans les poumons. Dorénavant, les préleveurs ont connaissance de cette information, mais il faut rester vigilant concernant les prélèvements « en drive », c’est-à-dire réalisés sur le patient qui reste assis dans sa voiture, car ce sont généralement des prélèvements nasaux peu profonds, donc moins fiables.


Attention ! Si la détection de tous les malades n’est pas assurée à 100%, le contraire n’est pas vrai : si le test s’avère positif et donc que vous êtes atteint(e) du virus, il n’y a qu’une infime probabilité que ce ne soit pas le cas.



Quelle est la stratégie française ?

Concernant les tests, l’État français n’a dans un premier temps pas suivi la stratégie du dépistage massif prônée par l’OMS ; pas par conviction, mais parce ce que ce n’était matériellement pas possible.


La Corée du Sud est souvent citée en exemple pour le dépistage intensif que les autorités y ont mis en place de manière rapide. Ce qu’il faut bien avoir à l’esprit, c’est que le pays a pu mettre au point des kits très rapidement grâce à son expérience passée, lors des épidémies précédentes de coronavirus. Jusqu’à aujourd’hui, à tort visiblement – mais il s’agit là d’un constat facile a posteriori - l’Europe et l’Amérique se croyaient à l’abris des pandémies ; à titre d’exemple, l’épidémie de SRAS apparue en Chine en 2002 aurait infecté 8.000 personnes dans une trentaine de pays, causant 774 décès, essentiellement en Asie (chiffres officiels). D’où une certaine impréparation à une crise d’une telle ampleur. Une réflexion approfondie à ce sujet s’imposera post-crise pour anticiper d’autres événements de ce type.

Pourquoi cette pénurie de tests ?

Le pays manque de kits de dépistage et de matières premières pour en concevoir. A cela s’ajoute qu’il n’y a pas d’industrie de biologie moléculaire en France (ce qui n’est pas le cas en Allemagne). De fait, seulement 12.000 par jours sont pratiqués depuis la mi-mars, un peu plus de 30.000 aujourd’hui.


L’offre mondiale est pour l’instant bien inférieure à la demande internationale. Le monde entier est à la recherche de kits de dépistage du Covid-19, mais la mise en place de chaînes de production de produits homologués est longue. Or l’augmentation de la production ne peut se faire du jour au lendemain, et l’on constate de plus une pénurie de matériels tels que des écouvillons.


Il est à noter que les tests ne permettent de détecter la présence de virus qu’à l’instant t. Donc ce n’est pas parce qu’une personne est testée négativement un jour qu’elle ne peut pas être infectée les jours suivants. Si l’on veut généraliser le dépistage, il faudrait donc des dizaines de millions voire des centaines de millions pour un pays comme la France pour y arriver et tester les gens plusieurs fois…

La montée en puissance du dépistage

Compte tenu de la requête de l’OMS de tendre de plus en plus vers un dépistage massif, la France a d’ores et déjà commencé à généraliser les tests PCR rapides. Des « drive » ont été mis en place, dans plusieurs villes, depuis la fin de semaine dernière. Il faut bien entendu une prescription du médecin traitant pour y accéder. Reste maintenant à généraliser le dépistage et à l’accélérer. Le ministre de la Santé a avancé les objectifs suivants :

Des tests sérologiques pour préparer le déconfinement

Face à la pénurie, la France a donc fait le choix du confinement à l’instar de beaucoup d’autres pays.


Une fois la propagation de l’épidémie endiguée, l’augmentation du nombre de tests et un suivi des cas devraient permettre au pays de contrôler la propagation du coronavirus tout en permettant à la population de vivre plus normalement. Un dépistage massif à l’aide de tests sérologiques permettra de savoir qui a été contaminé et qui ne l’a pas été et donc d’avoir une estimation du nombre de personnes immunisées. Ces tests sont actuellement en phase de pré-industrialisation avant une production de très grande ampleur. Des centaines de milliers de tests pourront ainsi être faits par jour en France afin de connaître, zone par zone, la circulation du virus, ainsi que la proportion restante de personnes immunisées et de personnes vulnérables. Les politiques sanitaires du stade 4 (qui organise le déconfinement et le retour à la normale après l’épidémie) pourront s’adapter à ces données.



Si l’Allemagne a moins de morts, est-ce parce qu’elle a généralisé les tests ?

Alors que nous en sommes à quelques 200.000 tests par semaine, l’Allemagne en réalise plus du double. Jusqu’à 100.000 par jour seront effectués outre-Rhin à la mi-avril, et 200.000 par jour à la fin du mois grâce à un test mis au point par la branche médicale de Bosch. Est-ce que cela, comme on l’entend souvent, suffit à expliquer que le nombre de morts en Allemagne soit quatre fois inférieur à celui de la France et que le taux de létalité soit de 0,7% chez nos voisins alors qu’il avoisine ici les 6,8% ?

Un taux de létalité en trompe l’œil

Le taux de létalité s’obtient en divisant le nombre de personnes décédées par le nombre de personnes infectées. Mais comme on l’a vu précédemment, les pays ne dépistent pas avec la même ampleur ; l’Allemagne, qui a mis en place un dépistage à grande échelle, comptabilise ainsi un bien plus grand nombre de personnes infectées que la France. Mathématiquement, cela entraîne une diminution drastique du taux de létalité.


Ce taux de létalité ne pourra devenir un véritable élément de comparaison qu’une fois la crise passée et que les nombres de décès et l’estimation du nombre de personnes infectées seront totalisés.

Plus de lits de réanimation, oui mais…

L'Allemagne se positionne en seconde place au niveau mondial, avec 34 lits de réanimation pour cent mille habitants. En comparaison, ce taux est de 12,5 en Italie, 11,6 en France, et 10,6 en Corée du Sud.


Disposer d'une offre hospitalière large, bien répartie sur le territoire et adaptée à la violence de l'épidémie est évidemment un atout pour se prémunir d'une rapide saturation du système de santé.


Il y a deux choses à prendre en compte et qui montrent que ce critère a peu d’incidence dans la comparaison France/Allemagne :

  • L’Allemagne compte beaucoup plus de lits de réanimation, mais elle souffre a contrario d’une grande pénurie de personnel (environ cinq postes en réanimation par hôpital ne sont pas pourvus) ;

  • Le système des français, même s’il y a des tensions dans certaines régions qui ont conduit à des échanges de malades, n’est pas encore à saturation.

Des temporalités différentes

Si l’on prend ce graphique du Financial Times qui compare les décès par pays à partir du moment où ceux-ci ont enregistré leur premier décès, on s’aperçoit bien de la différence de temporalité.

L'épidémie s’est développée nettement plus tardivement en Allemagne qu'en France ou en Espagne, sans parler de l’Italie. Mais la courbe croît aujourd'hui en Allemagne quasiment dans les mêmes proportions que chez ses voisins un peu plus tôt.


Des décomptes très différents

Là où il faudra se pencher une fois la pandémie terminée, c’est sur le nivellement des comparaisons. Aucun pays ne compte le nombre de décès liés au Covid-19 de la même manière, ce qui fausse énormément les conclusions qui peuvent être faites.


Par exemple, l’Allemagne ne réalise pas de test post-mortem sur des personnes décédées qui n’ont pas préalablement été diagnostiquées positives au Covid-19, tandis que la France et l’Italie le font.

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