DOSSIER - Pourquoi se faire vacciner ?


En quoi consiste la vaccination ?


En cas de contact avec un microbe (virus, bactérie…), le système immunitaire, reconnaît certaines parties (antigène) du microbe et réagit de façon à le neutraliser et à l’éliminer. C’est ce qui nous permet de guérir quand nous sommes malades. Notre corps garde alors souvent une mémoire du microbe, et peut nous protéger ultérieurement ou provoquer dans certains cas une maladie moins sévère.


En présentant le ou des antigènes du microbe à notre système immunitaire, le vaccin permet d’entraîner celui-ci à reconnaître un microbe. Ces antigènes sont reconnus comme des composants étrangers au corps et vont favoriser une réponse immunitaire avec la production d’anticorps spécifiques, sans toutefois provoquer la maladie.

En cas de future rencontre avec ce microbe, nos défenses immunitaires sont alors plus performantes et peuvent neutraliser l’agent infectieux évitant que la maladie ne se développe. C’est la « mémoire immunitaire ».

Quels bénéfices sur la santé publique ?


Les vaccins sont des médicaments d’une importance capitale pour la santé de tous, car ils permettent d’éviter un très grand nombre de maladies et d’épidémies. La vaccination représente l'un des plus grands succès de la santé publique : selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 2 à 3 millions de vies sont sauvées chaque année grâce à cet acte simple de prévention. Avant le début de la vaccination systématique des enfants, les maladies infectieuses constituaient la première cause de décès d’enfants dans le monde.


Plusieurs millions de personnes sont vaccinées chaque année en France. Grâce à la vaccination, la variole a disparu dans le monde et la poliomyélite a disparu de France et devrait bientôt être également éradiquée de la surface du globe.

10 bonnes raisons de se faire vacciner contre le Covid-19


Le site theconversation.com, média indépendant qui met en lien journalistes et chercheurs a publié un article qui permet de comprendre simplement quels sont les enjeux :


1. Pour vous sauver la vie

Pour certaines personnes, la Covid-19 s’avère mortelle. Si vous êtes à haut risque de contracter la maladie, vous faire vacciner pourrait vous sauver la vie.


2. Pour protéger votre santé

La Covid-19 peut également avoir des effets à long terme sur la santé. Les vaccins vous protègent également contre ces effets.


3. Pour soutenir le système de santé

Se faire vacciner contre la Covid-19 permet de libérer des ressources en réduisant le nombre de cas et en évitant les reports d’autres traitements.


4. Pour protéger les plus vulnérables

Atteindre l’immunité collective signifie que même ceux qui ne peuvent pas recevoir la vaccination sont protégés.


5. Parce que les vaccins sont rigoureusement testés

Les vaccins contre la Covid-19 sont testés de la même manière que les vaccins contre d’autres maladies.


6. Pour économiser du temps et de l’argent

Les vaccins sont largement reconnus comme l’une des interventions médicales les plus rapides et les plus rentables. La vaccination ne prend que quelques minutes et est gratuite.

Contracter une maladie infectieuse signifie s’absenter de l’école ou du travail et peut entraîner des frais médicaux élevés.


7. Pour voyager en toute sécurité

En recevant les vaccins recommandés pour votre destination, vous pourrez profiter de vos vacances sans risquer d’être hospitalisé à l’étranger ou de ramener une infection à la maison.

De même, en respectant le calendrier de vaccination recommandé, vous protégez les habitants du pays que vous visitez contre les maladies que vous pourriez transmettre.


8. Pour limiter la résistance aux médicaments

En nous évitant d’être infectés en premier lieu, les vaccins nous permettent de réduire notre utilisation d’antibiotiques et d’antiviraux, limitant ainsi l’émergence de souches de bactéries et de virus résistantes aux médicaments.


9. Pour protéger les générations futures

Se faire vacciner aujourd’hui contre les maladies infectieuses et faire vacciner nos enfants est un héritage inestimable pour les générations futures. La suppression des maladies dans le présent permettra aux gens de vivre plus longtemps et en meilleure santé à l’avenir.


10. Pour contrer les fausses nouvelles

Des recherches ont montré que les fausses nouvelles se répandent beaucoup plus vite et persistent plus longtemps que les informations véridiques. Au cours des dernières décennies, les théories du complot et la désinformation ont érodé la confiance du public dans les vaccins, ce qui a conduit au retour de maladies presque éradiquées dans de nombreux pays.

En suivant les recommandations des communautés scientifique et médicale, vous ne vous protégez pas seulement vos proches et vous-même contre les maladies infectieuses, vous donnez également un exemple qui contribue à lutter contre la diffusion de fausses informations.

Les principaux types de vaccins

Les vaccins viraux

  • à virus atténué

C’est le cas des vaccins contre la tuberculose (BCG), la varicelle ou encore le trio rougeole-oreillons-rubéole (ROR).

Ils contiennent des agents pathogènes vivants, mais dont la virulence a été atténuée par leur mise en culture dans des conditions particulières (au froid par exemple). Ces vaccins provoquent une infection avec peu ou pas de symptômes. Ils offrent une protection de longue durée après une ou deux injections.

Malheureusement, il n’est pas toujours possible d’atténuer la virulence d’un microbe tout en lui conservant des propriétés immunogènes : ce principe ne peut donc pas être décliné pour tous les agents infectieux contre lesquels on voudrait développer un vaccin.

  • à virus inactivé

C’est le cas des vaccins contre la grippe, la poliomyélite et contre l’hépatite A.

Le virus injecté a été tué (par chaleur, radiations ou exposition à des agents chimiques) et a perdu sa capacité à se répliquer dans l’organisme, mais il a gardé suffisamment de son intégrité physique pour être reconnu par le système immunitaire.

Cette méthode est plus sûre que celle des virus atténués mais la protection immunitaire qu’elle confère est moins durable et moins complète ; il faut donc à la fois des adjuvants ainsi que plusieurs doses pour créer une protection efficace.


Les vaccins à vecteurs viraux (AstraZeneca/Oxford)

C’est le cas du vaccin développé contre Ebola.

Ce type de vaccin contient aussi des virus, mais pas ceux qui provoquent la maladie contre laquelle l’on souhaite être immunisé. Ils utilisent d’autres virus, inoffensifs pour l’homme, et qui sont porteurs d’un code génétique modifié pour fabriquer les antigènes du virus que l’on veut combattre. Ainsi, une fois que le virus « véhicule » pénètre dans une cellule humaine, son matériel génétique y est libéré puis « lu », afin de produire les protéines virales qui vont déclencher la réponse immunitaire.


Les vaccins protéiques (Sanofi)

C’est le cas des vaccins contre l’hépatite B ou la coqueluche.

Ils ne contiennent que des protéines du virus, directement injectées dans l’organisme et reconnues comme des antigènes.

La méthode est considérée comme particulièrement sûre, mais elle ne provoque pas une réaction immunitaire très importante. Elles sont donc souvent accompagnées d’adjuvants qui vont stimuler cette réaction immunitaire. Cette méthode peut également avoir des coûts et un temps de développement importants.


Les vaccins à base d’acides nucléiques (Pfizer/BioNTech et Moderna)

C’est la technique la plus novatrice de toutes. Ces vaccins d’un genre nouveau ne contiennent aucun virus « reconnaissable », seulement son matériel génétique, lequel migre alors dans les cellules humaines afin de leur faire synthétiser la « carte d’identité » du virus.

Une défiance de longue date...


Même si désormais près d'un français sur deux a l'intention de se faire vacciner contre la Covid-19, la proportion de ceux qui ne souhaitent pas se faire vacciner est encore très forte (40%). Pourtant pays de Pasteur, la France nourrit une défiance envers la vaccination qui n'a pas d'autre égal à travers le monde. Et cette défiance est loin d'être nouvelle...


XVIII & XIX èmes siècles

Pendant près d'un siècle, la vaccination consiste à inoculer aux patients la vaccine, qu'on appelle aussi « variole de la vache ». Le virus, proche de celui de la variole, fournit un vaccin qui permet d'immuniser l'homme contre cette dernière.

Un des premiers thèmes développé par les antivax est celui de la "minotaurisation", c'est l'idée que le corps humain va être pollué par ces organismes animaux, voire que l'humeur va en être impactée, en rendant l'homme plus brutal. Il y a aussi un autre argument qui consiste à dire que, puisque les enfants sont de plus en plus protégés par la vaccination, cela déplace la mortalité vers l'âge adulte. Or, pour faire la guerre, pour travailler, on a davantage besoin d'adultes en bonne santé.

A partir de 1850, le débat devient public, la presse s'y intéresse de plus en plus, des parents dénoncent et médiatisent les rares problèmes induits par la vaccination. Les Etats sont en général favorables à la vaccination et ne jouent pas la transparence en ne faisant pas remonter les quelques cas qui pourraient remettre en question cette pratique. Il est vrai que la vaccination n'est alors pas tout à fait sûre : il y a un risque dans la pratique vaccinale de transmettre la syphilis.

A l'époque de Pasteur

La création de l'Institut Pasteur soulève des hostilités et Pasteur est accusé de chercher le profit et de n'inventer des vaccins que pour remplir les poches des laboratoires, c'est l'origine du motif de la lutte contre les "Big Pharma".

Au Royaume-Uni, une "clause de conscience" est introduite dans la loi dès 1898 pour permettre aux récalcitrants de se soustraire aux vaccins.


XX & XXI èmes siècles

C'est dans les années 1920 que les vaccins se multiplient (BCG, diphtérie, tétanos, coqueluche).

C'est aussi à cette époque qu'on commence à utiliser les sels d'aluminium comme adjuvant pour accroître l'efficacité des vaccins. Ce sera par la suite une source de suspicions de la part des anti-vaccins, surtout en France. Si des études ont montré que les sels d'aluminium pouvaient provoquer des réactions inflammatoires chez certains patients à l’endroit où la piqûre a été réalisée, aucun effet secondaire grave n'a jamais été prouvé. Il faut également comparer la quantité d'aluminium contenu dans un vaccin (entre 0,125 et 0,85mg) avec celui ingéré par un individu tous les jours via l'alimentation (entre 7 et 9mg)...

A la fin des années 1990, alors qu'on vaccine très largement contre l'hépatite B, on observe dans le même temps une augmentation des cas de sclérose en plaques, ce qui donnera lieu à de nombreuses polémiques, conduisant le gouvernement de l'époque à interrompre la campagne de vaccination en milieu scolaire. A ce jour, et après d'innombrables travaux épidémiologiques, aucun lien statistiquement significatif n’a été montré et les données constituées depuis plus de quinze ans permettent d’écarter avec une grande sûreté un lien entre vaccination contre le virus de l’hépatite B et la survenue d’une sclérose en plaques.

En 1998, une étude publiée dans la prestigieuse revue médicale The Lancet suggère un lien entre la vaccination ROR (rougeole, oreillons, rubéole) et l'autisme. L'étude s'avère être un "trucage" de l'auteur, mais ni le démenti officiel de la revue, ni les travaux postérieurs démontrant l'absence de lien, ne parviendront à taire les craintes. Cette étude est encore régulièrement citée par les opposants aux vaccins.


Les arguments antivax d'aujourd'hui ne sont pas ceux du XVIIIe ni du XIXe siècle, mais il existe des parentés. On peut ainsi définir quatre thèmes récurrents qui sont réactualisés à chaque époque :

  • la religion, la question de savoir si on peut s'autoriser à se prévaloir contre le destin.

  • la nature, la vaccination peut être considéré comme un geste artificiel et donc contre-nature.

  • les sciences alternatives, c'est le discours des gens qui ne croient pas à la théorie des germes et à l'immunologie. Enfin, un dernier thème qui a toujours existé mais qui est particulièrement fort aujourd'hui, c'est le

  • la politique, c'est un thème qui a toujours existé, mais qui est particulièrement fort aujourd'hui. Il s'agit de savoir si un Etat peut forcer ses citoyens à recevoir un vaccin s'ils n'en ont pas envie ou n'en ressentent pas le besoin.


Source : ANTIVAX - La résistance aux vaccins du XVIIIe siècle à nos jours, par Laurent-Henri Vignaud et Françoise Salvadori. Editions Vendémiaire. 2019

Comment a-t-on pu mettre en place un vaccin aussi vite ?


La fabrication d'un nouveau vaccin est complexe et prend généralement plusieurs années. Comment a-t-on pu développer des vaccins aussi efficaces en 10 mois, au lieu de 10 ans habituellement ?


Une famille de virus bien connue

Dans le cas du vaccin contre la COVID 19, le travail des laboratoires de recherche a été facilité et a été plus rapide car ils avaient déjà travaillé sur la mise au point de vaccins contre d’autres coronavirus : le MERS-CoV et surtout le SARS-CoV-1, responsable de l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en 2003. A l'époque, aucun essai clinique n’avait été réalisé chez l’homme, car le virus a disparu au bout de 3 mois. Dix-sept ans plus tard, lorsque le SARS-CoV-2 (Covid-19) a fait son apparition, ces travaux ont été sortis des placards et ont permis à la recherche académique et aux laboratoires pharmaceutiques de se mettre au travail immédiatement.


De nouvelles techniques de fabrication

Les vaccins à ARNm sont médiatisés depuis peu, mais en réalité, ils sont étudiés depuis près de 30 ans. Cette technologie présente un avantage indéniable lors d’une pandémie : sa rapidité de production.


La mobilisation des ressources financières

Pour accélérer le développement des vaccins, l’Union européenne a débloqué plus de 2,15 milliards d’euros et a négocié avec 6 laboratoires différents, afin de réserver plus de 2 milliards de doses. Cela a permis de financer la finalisation des essais cliniques, la mise en place de nouvelles chaînes de production, ou encore l’achat de matières premières. Les États-Unis ont eux aussi signé des contrats de pré-réservation et dépensé plus de 11 milliards de dollars.

Des investissements inédits qui ont permis aux industriels de lancer la production de leurs candidats-vaccins alors même qu’ils n’avaient pas l’assurance que leurs vaccins étaient sûrs et efficaces.


Des procédures d'autorisation accélérées

Dans le même temps, l’Agence européenne du médicament a également bouleversé sa manière d’évaluer les dossiers. L’étude ne prendra pas 210 jours, comme c’est le cas en temps normal, mais à peine un mois et demi. Une procédure accélérée permise notamment grâce à l’examen continu des données. Les industriels envoient leurs résultats au fil de l’eau, et non pas au moment de la demande d’autorisation de mise sur le marché, ce qui permet aux experts d’évaluer plus vite les dossiers.

Une fois l’autorisation de mise sur le marché octroyée, un processus de pharmacovigilance commence. Les patients vaccinés sont suivis et les laboratoires ont l’obligation de communiquer leurs nouvelles données et d’établir un rapport des événements inattendus tous les mois.

Les vaccins à ARNm risquent-ils de modifier notre génome ?


La réponse est... NON. Explications.

L’ARN injecté via le vaccin n’a aucun risque de transformer notre génome ou d’être transmis à notre descendance par le simple fait qu'il ne pénètre pas dans le noyau des cellules. Or, c’est dans ce noyau cellulaire que se situe notre matériel génétique.


Par ailleurs, l’injection est locale et les cellules qui reçoivent l’ARN sont principalement les cellules musculaires : en aucun cas l’ARN ne va jusqu’aux cellules des organes reproducteurs. Il ne peut donc pas être transmis d’une génération à l’autre.


Enfin, les cellules concernées suite à l’injection du vaccin sont rapidement détruites par le système immunitaire. L’ARN étranger ne reste donc pas longtemps dans l’organisme : il produit juste ce qu’il faut pour entraîner le système immunitaire à réagir en cas d’infection « naturelle » par le virus avant d’être éliminé.



Sources : inserm.fr - vaccination-info-service.fr - afp.fr - lemonde.fr - quechoisir.org

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